La crise sociale a éclaté, ce 18 mai 2026 à Brazzaville, au grand jour à la société Énergie Électrique du Congo(E2C). Des dizaines de journaliers et tâcherons de l’entreprise nationale d’électricité ont manifesté leur mécontentement pour réclamer leur intégration définitive après plusieurs années de service sans contrat stable.
Ces travailleurs, qui assurent pourtant une partie essentielle des activités de l’entreprise, refusent toute proposition d’indemnisation et exigent leur embauche immédiate. « Nous travaillons depuis 15 à 20 ans sans être recrutés, pourquoi ? », se sont-ils indignés.
Selon les manifestants, certains agents exercent au sein de l’E2C depuis 2006 sans jamais avoir obtenu un statut officiel. Ils affirment percevoir seulement une prime mensuelle d’environ 25 000 FCFA, souvent versée avec retard malgré les tâches importantes qu’ils accomplissent quotidiennement.

Les journaliers veulent le recrutement
« Nous faisons la facturation, le prélèvement des indices, les travaux techniques et bien d’autres missions. Pourquoi refuse-t-on de nous recruter alors que nous faisons déjà fonctionner cette entreprise ? », s’est interrogé un membre du collectif.
Les protestataires dénoncent également un système de recrutement qu’ils considèrent fondé sur le favoritisme.
« Quand il faut recruter, ce sont les proches des responsables qui sont choisis. Nous aussi, nous sommes des Congolais et nous méritons les mêmes chances », a déclaré un agent visiblement remonté.
Les journaliers ont aussi affirmé avoir reçu de nombreuses promesses d’intégration de la part des anciens responsables du secteur, sans résultat concret jusqu’à ce jour.
« Depuis 2006, on nous promet des recrutements qui n’arrivent jamais. Nous avons consacré notre jeunesse à cette entreprise », regrette un autre manifestant.
Pour plusieurs congolais, cette mobilisation montre la situation précaire de nombreux travailleurs non titulaires dans certaines entreprises publiques congolaises, où des agents assurent des fonctions permanentes sans bénéficier d’un véritable statut professionnel.
Ainsi, cette grève constitue le premier véritable test pour le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, désormais confronté à une crise sociale sensible au sein d’un secteur stratégique.
Les journaliers sollicitent désormais l’intervention du président Denis Sassou N’guesso afin d’obtenir une solution définitive à leur situation.
À Brazzaville, plusieurs analystes pensent que cette affaire pourrait rapidement prendre une dimension nationale si les autorités ne parviennent pas à apaiser les tensions.
Alors que les revendications se multiplient, la pression monte désormais sur la direction de l’E2C et sur le gouvernement. Ils sont appelés à répondre à une colère sociale qui couve depuis près de deux décennies.
Par Orland Alain M’BADINGA.