Le malaise social prend une ampleur inquiétante au Congo. Dans un communiqué au ton virulent, publié le 15 mai à Brazzaville, l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) tire la sonnette d’alarme sur la situation dramatique des retraités et des agents publics confrontés à des mois, voire des années, d’impayés.

Le mouvement politique dirigé par Mathias Dzon accuse le pouvoir d’abandonner les couches sociales les plus vulnérables alors qu’il engage des dépenses jugées excessives. Selon l’ARD, les retraités affiliés à la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) n’ont reçu aucune pension depuis le début de l’année 2026. Les mensualités de janvier, février, mars et avril restent impayées.

Le communiqué rappelle également que ces retraités faisaient déjà face à d’importants arriérés accumulés depuis plusieurs années. Au total, l’opposition évoque 53 mois de pensions non versées, soit plus de quatre années de retard.

D’après  les membres de l’ARD, Cette  situation  fragilise davantage des milliers de familles dépendantes de ces revenus pour survivre dans un contexte économique déjà difficile. L’ARD affirme aussi que plusieurs agents publics rémunérés à partir des budgets de transfert vivent  le même calvaire, une situation tout aussi alarmante.

« Les travailleurs des mairies de Dolisie, Mossendjo et Ouesso accusent  68 mois d’arriérés de salaires. À Pointe-Noire, les personnels des hôpitaux Adolphe Cissé et Loandjili sont privés de rémunération depuis 18 mois », précise le communiqué.

Le communiqué cite également des retards de paiement au sein de plusieurs institutions publiques, notamment la Caisse Congolaise d’Amortissement (CCA), l’Université Marien Ngouabi et le CHU de Brazzaville, où des agents n’ont plus perçu leurs salaires depuis plusieurs mois.

Pour l’opposition, cette situation constitue une violation grave des obligations de l’État.  Car, les salaires et les pensions sont considérés comme des dépenses prioritaires et incompressibles.

Par ailleurs, l’ARD fustige les dépenses de prestige du pouvoir. Dans son communiqué, l’Alliance  accuse également les autorités de mener un train de vie dispendieux pendant que la population souffre.

Le texte évoque notamment les déplacements répétés du président de la République à l’étranger, ainsi que ses fréquents séjours à Oyo, dans  son village natal.

L’opposition avance aussi de lourdes accusations qui concernent le recrutement présumé des  mercenaires russes, qui percevraient jusqu’à 6 millions de FCFA par mois sur une durée de trois ans. Cette  affirmation n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle. Pour l’ARD, ces dépenses contrastent fortement avec la détresse sociale vécue par les retraités et les fonctionnaires impayés.

Devant cette crise sociale grandissante, l’ARD appelle là l’intervention du Parlement congolais afin d’interpeller le gouvernement en vue d’obtenir des réponses sur les retards de paiement et les conditions de vie des populations touchées.

Ce communiqué intervient dans un contexte où les difficultés financières s’accumulent pour de nombreux ménages congolais. Cette nouvelle sortie de l’ARD  risque  encore d’alimenter le débat national sur la gestion des finances publiques et les priorités de l’État

Par Victor Tati.