Les membres du mouvement ‘’ Bana 26 ‘’, qui se présentent comme les défenseurs de l’unité de la postérité de Simon Kimbangu et de l’Église kimbanguiste, ont lancé un vibrant appel à la réconciliation au regard de la crise qui secoue l’Église kimbanguiste depuis plus de deux décennies. Ils ont exprimé cette volonté au cours d’une conférence de presse organisée, le 13 juin 2026, à Brazzaville. Après 24 ans de divisions internes, ils estiment que seule une démarche sincère de dialogue permettra de restaurer l’unité de l’institution religieuse.
Ces divisions qui secouent l’Église kimbanguiste constituent un frein à l’évolution de l’œuvre spirituelle initiée par Simon Kimbangu et poursuivie par les trois pères spirituels Kisolokele, Dialungana et Diangienda.
A cet effet, les responsables de Bana 26 pensent que cette situation est en contradiction avec les enseignements de l’amour, du pardon et de la communion fraternelle qui fondent la doctrine chrétienne. Ils ont dénoncé, en s’appuyant sur l’Évangile de Jean 13:35, la culture de division qui a pris le pas sur les valeurs de réconciliation prônées par les fondateurs de l’Église.
A ce sujet, le révérend Dr Kévin Damas Ngampio a rappelé que l’Église kimbanguiste est ‘’ une et indivisible ‘’ depuis l’accession de Simon Kimbangu Kiangani à la tête de l’institution en 2001. Il a indiqué que les réformes adoptées lors de l’Assemblée générale extraordinaire de 2002, à travers les 63 résolutions, ont constitué un tournant dans l’histoire de l’institution.

Les professionnels des médias et les adeptes de l’église kimbanguiste.
Selon le Révérend Dr Damas Ngampio, ces décisions ont provoqué de profondes divergences au sein de la communauté kimbanguiste et favorisé un schisme qui perdure jusqu’à ce jour. «Nous ne cherchons pas à créer une nouvelle Église. Nous demeurons kimbanguistes et nous continuons à défendre l’unité de la postérité de Simon Kimbangu ainsi que celle de l’Église », a-t-il déclaré.
Pour les responsables de Bana 26, la résolution de la crise passe avant tout par le dialogue et la réconciliation. Ils ont exhorté les fidèles à demeurer unis dans un même esprit et dans une même vision selon l’épître de Paul aux Corinthiens (1 Corinthiens 1:10).
Les intervenants ont également évoqué les tensions, les exclusions et les conflits qui ont opposé les différentes sensibilités kimbanguistes dans plusieurs pays au cours des dernières années. Ces épisodes ont fragilisé davantage l’institution.
De son côté, le révérend Antoine Kassambé, coordonnateur national de Bana 26 au Congo, a plaidé pour l’ouverture d’un cadre de concertation entre les différentes composantes de la famille kimbanguiste. Il a affirmé que les familles des descendants des pères spirituels Kisolokele et Diangienda restent disposées à rencontrer leur frère Simon Kimbangu Kiangani afin de rechercher une solution consensuelle à la crise.
« Le kimbanguisme est un héritage commun sur les plans spirituel, moral et matériel. La réunification ne peut être obtenue par les tribunaux, mais par la concertation et le dialogue », a-t-il affirmé.
Les responsables de Bana 26 ont enfin sollicité l’accompagnement des autorités congolaises, en particulier celui du Président de la République, dans les efforts qui visent à favoriser la paix et la réconciliation au sein de la communauté kimbanguiste.
Ils ont également invité les fidèles à travers le monde à privilégier le dialogue, la tolérance et l’amour du prochain afin de préserver l’héritage spirituel légué par Simon Kimbangu. Après plus de deux décennies de tensions, les Bana 26 se disent convaincus que seule une démarche de réconciliation sincère permettra à l’Église kimbanguiste de retrouver son unité et de poursuivre sa mission spirituelle dans la concorde.
Par Orland Alain M’BADINGA.