La transparence dans la gestion des finances publiques doit constituer un levier indispensable pour accélérer le développement économique et social de la République du Congo.

 Ce message fort a été délivré, le 12 juin à Brazzaville, par la représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Adama- Dian Barry, lors de la rencontre de concertation de haut niveau organisée par la Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR).

 Devant les partenaires techniques et financiers, les représentants des institutions publiques et les acteurs de la société civile, la responsable du PNUD au Congo a souligné que la bonne gouvernance demeure l’un des piliers fondamentaux du développement durable et de la prospérité des nations. Et, la mauvaise gouvernance coûte cher aux États.

Pour illustrer l’ampleur du défi, elle s’est appuyée sur des statistiques internationales préoccupantes. Selon les estimations de la Banque mondiale, près de 5 % du produit intérieur brut mondial seraient chaque année détournée à travers les flux financiers illicites, notamment la corruption et les détournements de fonds.

Adama-Dian Barry a également rappelé que, d’après plusieurs études du Fonds monétaire international, plus de 30 % des investissements publics réalisés dans les pays en développement sont parfois perdus en raison d’une mauvaise planification ou d’inefficacités dans la gestion des ressources publiques.

  Les participants à la concertation de haut niveau.

« Les conséquences sont visibles partout. Il y a insuffisance des écoles, déficit d’infrastructures sanitaires, chômage élevé, faibles investissements et perte de confiance des citoyens et des investisseurs », a-t-elle expliqué.

Selon la responsable du PNUD, ces dysfonctionnements touchent particulièrement les femmes et les jeunes filles, qui sont souvent les premières victimes du sous-investissement dans les services sociaux de base.

‘’ La transparence est à la bonne gouvernance ce que l’eau est à la vie ‘’.

Au cours de son intervention, la diplomate onusienne a insisté sur le lien étroit entre gouvernance, développement et amélioration des conditions de vie des populations. « La transparence est à la bonne gouvernance ce que l’eau est à la vie. Et la bonne gouvernance est le cœur battant du développement et de la prospérité », a-t-elle déclaré.

Pour Adama -Dian Barry, il ne peut exister de services publics performants ni d’institutions crédibles sans un cadre de gouvernance qui repose sur la transparence et la redevabilité.

Ainsi, la gestion efficace des ressources publiques conditionne directement la qualité des investissements dans des secteurs stratégiques tels que la santé, l’éducation, l’emploi des jeunes, l’électrification ou encore la justice. Elle a aussi rappelé que la gouvernance constitue le moteur du développement, qui permet aux citoyens d’accéder à des services publics de qualité et de renforcer leur confiance envers les institutions.

Toutefois, la représentante du PNUD a également salué l’engagement et le dynamisme du président de la CNTR, qu’elle a félicité pour son leadership dans la promotion des principes de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques.

Elle a rappelé que le PNUD accompagne la Commission depuis plusieurs années dans le cadre de son programme de gouvernance, considéré comme l’un des axes prioritaires de la coopération entre les Nations unies et la République du Congo. « Cette thématique est au cœur des priorités nationales et de l’action du système des Nations unies », a-t-elle souligné.

Dans cette perspective, le PNUD entend poursuivre son appui aux initiatives qui visent à renforcer les mécanismes de contrôle, de transparence budgétaire et de redevabilité des institutions publiques. Les partenaires techniques et financiers ont été appelés à soutenir davantage les initiatives de la CNTR afin d’accompagner les efforts de modernisation de la gouvernance publique et de consolidation de l’État de droit.

Par Orland Alain M’BADINGA.