La Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR) a réuni, le 12 juin à Brazzaville, les partenaires techniques et financiers, les institutions publiques et les acteurs de la société civile pour une concertation de haut niveau consacrée au renforcement de la gouvernance financière en République du Congo. Ces assises ont été organisées avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

La rencontre a servi de tribune à la CNTR pour présenter et faire le plaidoyer de son plan stratégique 2025-2029 en vue de sa mise en œuvre effective. Ce programme, qui est évalué à plus de 8,3 milliards de francs CFA, vise à renforcer la transparence, la redevabilité et l’efficacité dans la gestion des finances publiques.

Dans son intervention, le président de la CNTR, Joseph Mana FouaFoua, a rappelé le rôle central de son institution dans le dispositif national de gouvernance financière.

« La mission la plus importante confiée à la CNTR est de veiller à la stricte application du Code relatif à la transparence et à la responsabilité dans la gestion des finances publiques », a-t-il déclaré devant l’assistance.

 De même, Joseph Mana FouaFoua a souligné que son institution est également chargée de promouvoir les meilleures pratiques en matière de transparence, de collecter et de valider les informations relatives aux recettes et dépenses publiques. La CNTR  réalise aussi  des études et des diagnostics sur la gestion financière de l’État en vue de diligenter des enquêtes en cas de violation des règles de transparence.

Devant l’ampleur de ces missions, il a insisté sur l’importance  de diversifier les sources de financement de la Commission. Car, la subvention de l’État, qui constitue actuellement la principale ressource de la CNTR, demeure insuffisante pour couvrir les besoins liés à l’exécution de son plan stratégique.

« Il est impératif de mobiliser d’autres ressources, notamment auprès des partenaires techniques et financiers, afin de permettre à la CNTR de remplir efficacement ses missions », a plaidé Joseph Mana FouaFoua.

Le responsable de la CNTR a également appelé les administrations publiques à considérer son institution comme un partenaire de la bonne gouvernance plutôt que comme un organe de contrôle hostile.

De son côté, la représentante résidente du PNUD, Adama- Dian Barry,  a rappelé que les défis liés à la gouvernance financière constituent un enjeu mondial aux lourdes conséquences économiques et sociales.

Selon les données des institutions de Bretton Woods , au moins 30 % des investissements publics dans les pays en développement sont perdus en raison d’inefficacités dans la gestion des ressources publiques. « La transparence est à la bonne gouvernance ce que l’eau est à la vie », a-t-elle affirmé.

Pour la représentante du PNUD, le renforcement de la gouvernance économique constitue ainsi une condition essentielle pour améliorer les conditions de vie des populations, attirer les investisseurs et accélérer le développement durable.

Elle a également salué le leadership de la CNTR et l’engagement de son président dans la promotion des valeurs de transparence et de redevabilité.

‘’ Le système des Nations unies réaffirme son engagement à accompagner la CNTR ‘’

 Le coordonnateur résident du système des Nations unies au Congo et président de la Troïka des partenaires au développement, Abdourahmane Diallo, a évoqué au cours de cette réunion l’importance stratégique de la gouvernance financière dans le contexte actuel. D’après le diplomate onusien, le Congo prépare son futur Plan national de développement 2027-2031 et s’engage dans la mise en œuvre des nouvelles orientations du cadre révisé du PREF-CEMAC.

Au nom de la Troïka, il s’est engagé à poursuivre le dialogue avec la CNTR et à promouvoir son projet au sein des mécanismes de coordination des partenaires. il a aussi annoncé que la Commission sera invitée à présenter son projet devant le groupe thématique gouvernance afin d’identifier les opportunités de collaboration, de synergies et d’appui technique ou financier.

Au cours de cette rencontre, les échanges ont également  porté sur l’importance  de lutter contre les pratiques qui fragilisent la gestion des ressources publiques, notamment la corruption, les détournements et les violations des procédures budgétaires.

Pour les participants, l’amélioration de la gouvernance financière représente un levier essentiel pour accroître les recettes de l’État, améliorer la qualité de la dépense publique et renforcer l’offre de services sociaux de base au profit des populations.

À l’issue des travaux, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de faire de la transparence et de la redevabilité des piliers incontournables de l’action publique afin d’accompagner les ambitions de développement de la République du Congo pour les prochaines décennies.

Par Orland Alain M’BADINGA.