La détérioration avancée de la route reliant Makoua à la vasière Tsédoua suscite une vive inquiétude chez les ressortissants du district de Makoua. Réunis dans la salle des mariages de la mairie de Ouenzé, le 21 juin 2026, à Brazzaville, les membres de l’Initiative Tsédoua ont décidé de passer à l’action.

Ils ont lancé, au cours de cette rencontre, un appel à la mobilisation générale pour financer la réhabilitation de cet axe stratégique devenu presque impraticable.  Cette Assemblée générale a été présidée par Martin Songa, président de l’Initiative Tsédoua.

 Sous le slogan « Ensemble pour vaincre la vasière Tsédoua », les participants ont dressé un constat préoccupant de cet axe routier. Autrefois, considérée comme une voie stratégique de communication, la route Makoua-Tsédoua est aujourd’hui fortement dégradée. Elle est devenue presqu’impraticable à certaines périodes de l’année.

Cette situation affecte directement les activités économiques, les déplacements des populations et les relations entre les communautés riveraines. Pour les responsables de l’initiative, il devient urgent d’agir afin d’éviter un isolement croissant de cette partie du département de la Cuvette.

Les membres de l’Initiative Tsédoua à l’Assemblée générale..

Selon les estimations présentées lors de la rencontre, les travaux de réhabilitation nécessitent un financement évalué à 38,755 millions de francs CFA. « Cette route est bien plus qu’une infrastructure. Elle représente notre lien avec nos villages, nos familles et nos activités économiques. Sa réhabilitation est une nécessité pour notre avenir collectif », ont souligné plusieurs intervenants.

Ainsi, les participants, conscients de l’ampleur du défi financier,  ont adopté un mécanisme de contributions volontaires fondé sur les catégories socioprofessionnelles. Les personnalités qui occupent de hautes fonctions administratives, politiques ou militaires sont appelées à contribuer davantage.  Les autres membres de la communauté participeront selon leurs capacités financières.

Cette démarche vise à instaurer une solidarité active autour d’un projet considéré comme prioritaire pour le développement local.

 « Si rien n’est fait, Tsédoua risque l’abandon. La vasière Tsédoua représente une partie importante de notre patrimoine. Si nous restons passifs, certaines zones pourraient devenir totalement inaccessibles dans les prochaines années », a alerté Dominique Anguissi, responsable de la logistique .

Pour les participants, cette situation dépasse la seule question de l’état de la route. Elle pose également la problématique de la préservation des activités économiques, du maintien des populations sur leurs terres et de la transmission d’un héritage aux générations futures.

Par ailleurs, les membres de l’Initiative Tsédoua ont aussi sollicité l’implication de l’État, des collectivités locales, des partenaires au développement et de la société civile afin d’accompagner les efforts déjà engagés par la communauté.

D’après ces ressortissants, la réhabilitation de la route Makoua-Tsédoua constitue un investissement stratégique pour le désenclavement de la zone et la relance des activités économiques locales. « Le développement de nos localités ne peut être l’affaire d’un seul groupe. Il nécessite l’engagement de tous les acteurs concernés », a indiqué un participant.

L’assemblée générale a également été marquée par la mise en place d’un bureau exécutif, d’une commission de contrôle ainsi que d’un réseau d’antennes dans plusieurs villes du pays, notamment Brazzaville, Pointe-Noire et Owando. Cette nouvelle structuration vise à renforcer la coordination des actions, à améliorer la mobilisation des ressources et assurer un meilleur suivi des projets de développement communautaire.

 Les ressortissants de Makoua entendent désormais démontrer qu’à partir de  cette initiative les communautés locales peuvent être des acteurs essentiels du développement lorsqu’elles s’organisent autour des objectifs communs. Pour les membres de l’Initiative Tsédoua, l’heure est à l’action afin que cette route, symbole de connexion et de cohésion sociale, retrouve son rôle stratégique au service des populations.

Par Orland Alain M’BADINGA.