La coopération entre la République du Congo et l’Union européenne a encore franchi un nouveau cap dans le domaine de la pêche et de la gouvernance maritime. L’ambassadrice de l’Union européenne au Congo, Anne Marchal, a été reçue , le 22 juin à Brazzaville, par le ministre de la Pêche, de l’Économie fluviale et des Voies navigables, Honoré Sayi, pour faire le point sur les principaux projets soutenus par Bruxelles.
Au cours de cette rencontre, les deux parties ont réaffirmé leur engagement pour accompagner la transformation du secteur halieutique congolais.
Le Projet d’appui à la pêche et au Port autonome de Pointe-Noire, qui est l’un des programmes structurants financés par l’Union européenne, était au cœur des discussions. Les échanges ont notamment porté sur l’état d’avancement du nouveau port de pêche de Pointe-Noire, dont la mise en service approche.
Cette infrastructure est appelée à devenir un maillon essentiel du développement de la filière. Elle devrait améliorer les conditions de débarquement, de traitement et de conservation des produits halieutiques, tout en renforçant la compétitivité des acteurs locaux. Ce port de pêche est également présenté comme un levier important pour accroître les revenus des pêcheurs et répondre plus efficacement à la demande du marché national.
De même, les deux parties ont examiné les réformes institutionnelles destinées à renforcer la gouvernance du secteur. L’adoption prochaine d’une nouvelle loi sur la pêche constitue l’une des priorités du gouvernement. Ce texte vise à moderniser le cadre réglementaire, à améliorer la gestion des ressources marines et à garantir une exploitation plus durable des richesses halieutiques du pays.
La diplomate de l’Union Européenne et le ministre ont aussi abordé, au cours de leurs échanges, la question de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Ainsi, le renouvellement de l’accord entre le ministère de la Pêche et la Marine nationale est considéré comme un instrument stratégique pour renforcer la surveillance des eaux sous juridiction congolaise et préserver les ressources marines devant des activités illégales.
Les échanges entre les deux parties ont aussi porté sur la réactivation du système de surveillance des navires de pêche (VMS), un outil indispensable pour le contrôle des activités en mer. Cette démarche s’accompagnera de la relance de l’audit de la flotte nationale et de l’actualisation du registre des navires de pêche, des mesures destinées à améliorer la traçabilité et le suivi des opérations de pêche.
Au-delà cet engagement, l’Union européenne réaffirme son soutien à la construction d’une économie bleue durable au Congo. L’initiative permet de concilier croissance économique, sécurité alimentaire, protection des écosystèmes marins et création d’emplois au profit des communautés côtières.
Dans un contexte mondial marqué par la pression croissante sur les ressources marines et les enjeux de souveraineté maritime, le partenariat entre Brazzaville et Bruxelles illustre une ambition commune de faire de la pêche un véritable moteur de développement durable et de prospérité pour le Congo.
Par Orland Alain M’BADINGA.