Le vernissage de l’exposition des œuvres du Concours artistique national sur la protection de l’environnement, organisé à l’occasion de la célébration du 75ᵉ anniversaire de l’École de peinture de Poto-Poto, a laissé, le 29 juin à Brazzaville,  un goût amer à plus d’un observateur. Si la qualité des créations a été unanimement saluée, l’absence des jeunes artistes qui en sont les auteurs a marqué les esprits.

Ces jeunes peintres, originaires des quinze départements du Congo, avaient pris part à l’initiative de l’UNESCO qui visait à sensibiliser les populations aux enjeux du changement climatique à travers l’art pictural. Dans le cadre de ce programme, des artistes peintres professionnels avaient été déployés dans  les départements pour  former les jeunes aux techniques de l’art pictural.

L’initiative avait été largement saluée par les autorités administratives et culturelles des départements, qui ont vu une occasion de promouvoir la création artistique et de révéler de nouveaux talents. À l’issue des formations, les participants ont réalisé des œuvres engagées, qui portent un message fort sur la protection de l’environnement et la préservation du climat.

Les officiels présents à la cérémonie de vernissage d’œuvres d’art du concours artistique national sur la protection de l’environnement couplée à la célébration du 75e anniversaire de l’école de peinture de Poto-Poto.

Malheureusement, lors de la cérémonie officielle de vernissage organisée le 29 juin à Brazzaville, aucun des jeunes artistes sélectionnés n’a été invité à assister à l’événement, à présenter son œuvre ou à s’exprimer devant le public.

Les discours ont été prononcés exclusivement par les organisateurs et les autorités présentes, sans la participation des créateurs des tableaux exposés. Cette absence contraste avec les objectifs affichés du projet, qui entendait promouvoir les jeunes talents et valoriser leur créativité.

Plusieurs analystes estiment que la présence d’au moins quelques lauréats, notamment ceux résidant à Brazzaville ou dans les départements voisins, aurait constitué un geste de reconnaissance à l’égard de leur travail et de leur engagement.

Comme l’affirmait Aimé Césaire, « il ne faut pas tricher avec ses propres principes ». Cette réflexion trouve un écho particulier dans un contexte où la promotion de la jeunesse ne saurait se limiter à l’exposition de ses œuvres, mais devrait également passer par la mise en valeur de celles et ceux qui les ont créées.

Ainsi,  cette situation relance le débat sur la place accordée aux jeunes dans les initiatives qui leur sont destinées. Car reconnaître le talent d’un artiste, c’est aussi lui offrir l’opportunité d’être présent lorsque son œuvre est célébrée. Pour beaucoup, une véritable politique de promotion culturelle ne peut faire l’économie de cette reconnaissance humaine, indispensable pour encourager une nouvelle génération d’artistes congolais.

Par Orland Alain M’BADINGA.