Le procureur de la République du Congo, André Oko Ngakala, a été interpellé puis placé en garde à vue, le 6 septembre à Kinshasa, après une altercation avec des policiers de la République démocratique du Congo (RDC). Il a également été menacé avec une arme avant d’être finalement libéré à la suite de l’intervention de l’ambassadeur de la République du Congo en RDC.
Selon des sources concordantes, les faits se sont produits lorsque le haut magistrat accompagnait son épouse dans une résidence qu’elle mettait en location. Les occupants auraient refusé de respecter leur préavis et ont sollicité l’intervention de la police.
Une fois les policiers arrivés sur les lieux, la situation a dégénéré. D’après les témoignages recueillis par nos sources, certains agents ont reconnu André Oko Ngakala dans ses fonctions de procureur de la République du Congo.
C’est à partir de ce moment que la situation a pris une dimension particulièrement préoccupante. Le haut magistrat a été violemment pris à partie par ces policiers. Des menaces ont également été proférées à son encontre, et une arme aurait été brandie au cours de l’incident.
Les mêmes sources rapportent que des propos particulièrement inquiétants ont été tenus à l’endroit du procureur, avec des références au sort réservé à des militaires à Makotipoko. Après l’incident, André Oko Ngakala a été conduit dans un service de police et placé en garde à vue.
La situation a finalement été débloquée grâce à l’intervention de l’ambassadeur de la République du Congo en République démocratique du Congo. Le procureur a été par la suite libéré.
L’affaire suscite désormais des réactions dans les milieux judiciaires et diplomatiques des deux pays. De même, les circonstances de l’interpellation d’un haut magistrat congolais soulèvent des interrogations sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’intervention des forces de l’ordre.
À ce stade, les circonstances exactes de l’altercation, les responsabilités individuelles des policiers impliqués ainsi que les éventuelles suites judiciaires restent à établir officiellement.
L’affaire pourrait ainsi connaître de nouveaux développements, notamment sur le plan diplomatique, si les faits de violence et de menaces rapportés à l’encontre du procureur étaient confirmés.
Par Victor TATI.