La République du Congo intensifie sa lutte contre le cancer avec une campagne nationale de 90 jours lancée à l’occasion d’Octobre Rose. Selon les chiffres présentés par le ministre de la Santé et de la Population, le Pr Jean Rosaire Ibara, le nombre de nouveaux cas recensés est passé de 2 478 en 2020 à 3 575 en 2024 et les décès ont augmenté de 41,9 % sur la même période.
La lutte contre le cancer s’impose désormais comme un enjeu primordial de santé publique en République du Congo. À l’occasion du lancement d’Octobre Rose, le ministre de la Santé et de la Population, le Pr Jean Rosaire Ibara, a annoncé une campagne nationale de 90 jours destinée à renforcer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge des personnes atteintes de cette maladie.
Les données communiquées par le ministre illustrent l’ampleur du défi. Le pays a enregistré 2 478 nouveaux cas de cancer pour 1 595 décès en 2020. Ces chiffres sont passés à 3 575 nouveaux cas pour 2 264 décès en 2024, soit plus de 1 000 nouveaux cas supplémentaires en quatre ans.
Ainsi, le nombre de nouveaux cas recensés a augmenté de 1 097 entre 2020 et 2024, soit une progression de 44,3 %. De même, les décès sont passés de 1 595 à 2 264. Ces chiffres représentent 669 décès supplémentaires, soit une hausse de 41,9 %.
La situation des enfants constitue également un sujet de préoccupation. Selon les données présentées par le ministre, 155 cas ont été recensés chez les enfants, dont 70 n’ont jamais accédé au traitement. Ces chiffres soulignent l’importance de renforcer l’accès au diagnostic, aux soins spécialisés et au suivi médical.
400 000 personnes à sensibiliser et 20 000 à dépister
Pour répondre à ce defi, la campagne « 90 jours contre le cancer » s’articule autour de plusieurs objectifs chiffrés. Les autorités sanitaires ambitionnent de sensibiliser 400 000 personnes dans tous les départements du pays, en vue de permettre le dépistage gratuit de 20 000 personnes et de renforcer les capacités de 500 professionnels de santé.
La campagne prévoit aussi de promouvoir la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) auprès des filles âgées de 9 à 13 ans. Cette vaccination contribuera à prévenir les infections responsables de plusieurs cancers, notamment celui du col de l’utérus.
Le ministère encourage ainsi les populations à consulter plus tôt et à intégrer le dépistage dans leurs habitudes de santé.
« Le cancer n’attend pas. Nos populations n’attendront plus », a déclaré le Pr Jean Rosaire Ibara, qui a insisté sur la nécessité d’une réaction collective devant cette maladie.
Toutefois, le ministre a appelé les médias, les leaders communautaires, les associations, les entreprises, les institutions et les professionnels de santé à participer activement à cette campagne nationale.
Le ministre entend faire de ces 90 jours un point de départ pour une mobilisation durable contre le cancer. L’enjeu sera de transformer les engagements annoncés à l’occasion d’Octobre Rose en actions concrètes, afin d’améliorer le dépistage, de faciliter l’accès aux soins et de réduire les conséquences de la maladie en République du Congo.
Par Flore de Jésus Somboko.