Les experts de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle(l’OAPI) appellent les pouvoirs publics au changement de modèle des politiques publiques pour stimuler l’entreprenariat et l’innovation en Afrique. Ils ont exprimé cette volonté, le 11 décembre 2025, à Brazzaville, lors du panel de haut niveau, organisé en marge de l’ouverture de la 65ème session ordinaire du Conseil d’Administration de l’OAPI.
Ces assises ont été placées sous le thème : « Stimuler le développement de l’entreprenariat et de l’économie innovante en Afrique ». Elles ont été présidées par le ministre congolais en charge du développement industriel, président en exercice du conseil d’Administration de l’OAPI, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint Eudes.
Ce panel de haut niveau s’est déroulé en présence du Directeur général de l’OAPI, Denis Loukou Bohoussou, et des représentants des autres offices de propriété intellectuelle du monde.
À l’issue de cet échange, les autorités et experts ont apprécié l’engagement des africains dans l’entreprenariat et l’innovation. Ils sont unanimes que l’Afrique innove. Cette dynamique doit désormais être accompagnée par une transformation profonde des politiques publiques, notamment dans la gestion de la propriété intellectuelle et le soutien à l’entrepreneuriat.

Le président en exercice du Conseil d’Administration de l’OAPI, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint Eudes., ouvrant les travaux du panel de haut niveau.
« La transition vers des pratiques entrepreneuriales durables et complexe nécessite une coordination efficace des acteurs de l’écosystème entrepreneuriales, des financement adaptés et les approches inclusives », a déclaré le ministre Fylla Saint Eudes.
A ce sujet, les intervenants ont souligné que les entrepreneurs africains font toujours face à un déficit critique de financement. Une meilleure orientation des ressources, la création des mécanismes incitatifs et une facilitation du crédit apparaissent essentielles pour soutenir l’innovation locale.
De même, les panélistes ont rappelé la nécessité de passer d’une gestion classique des ressources humaines à une véritable valorisation du capital humain.
Le développement des compétences techniques, managériales et créatives, doivent devenir une priorité pour permettre aux entrepreneurs africains de s’inscrire durablement dans la compétition mondiale. Car, la complexité des démarches reste un frein majeur à la formalisation des activités économiques.
Les participants ont ainsi plaidé pour une révision en profondeur des procédures administratives afin de faciliter la transition du secteur informel vers le formel, la création d’entreprises.
Sur ce, l’émergence d’une économie innovante exige une réflexion identitaire et stratégique, d’où il faut développer cette culture qui représente un chantier fondamental pour encourager l’initiative, la créativité et la prise de risque.
De même, sans électricité fiable, sans eau, sans transport adapté, sans accès à Internet, les africains ne peuvent pas innover, ont rappelé les experts. Les politiques publiques doivent donc garantir des infrastructures modernes et accessibles pour soutenir la croissance d’un tissu entrepreneurial résilient.
Pour stimuler le développement de l’entreprenariat en Afrique et au Congo, selon le ministre Fylla Saint Eudes, il faudrait donc améliorer l’accès au financement, renforcer les capacités entrepreneuriales, simplifier les procédures administratives, promouvoir une culture entrepreneuriale et développer les infrastructures.
Ce panel de haut niveau a été instructif et inspirant, porteur d’un message fort : l’innovation africaine progresse et les politiques doivent désormais lui donner les moyens de s’épanouir.
Par Orland Alain.