Le Programme National de lutte contre le SIDA et les IST (PNLS) a organisé, le 9 décembre à Brazzaville, une journée Scientifique consacrée à l’analyse et à l’innovation. Cette rencontre a été une occasion pour le PNLS d’évaluer les avancées enregistrées en matière de lutte contre le VIH/ SIDA.

 Cette journée a été placée sous le thème « Sida : Acquis, Défis et Perspectives de santé publique ». Elle s’inscrit dans la dynamique de la feuille de route nationale, intitulée : ‘’ Zéro perturbation pour une riposte innovante au Congo  ».

Le Dr Cécile Mapapa Miakassissia, Directrice du PNLS, revient, dans un entretien réalisé en marge de ces travaux avec le média en ligne Datsoue news, sur l’intérêt de cette journée scientifique. De même elle évoque les avancées enregistrées dans le domaine de la recherche.

 Datsoue news (DN) :  Quel est l’intérêt pour le PNLS d’organiser une journée scientifique sur le VIH/ SIDA ?

 Dr Cécile Mapapa Miakassissia (Dr. CMM) :  En tant que programme national de lutte contre le VIH / SIDA et des infections sexuellement transmissibles (IST), nous sommes une entité de mise en œuvre des activités du ministère de la santé et de la population.

Pour cette mise en œuvre nous avons besoin des recherches que les scientifiques réalisent ou mènent dans le cadre de la lutte contre cette pandémie.  Cette journée leur offre une opportunité de venir présenter leurs travaux. 

Les échanges sur ces travaux nous permettent de tirer des actions innovantes pour mieux se projeter dans l’avenir. Ils nous permettent aussi de mieux élaborer nos politiques dans la mise en œuvre de notre programme national de lutte contre le VIH / SIDA.

DN : Dr Cécile Mapapa, la pandémie du SIDA peut -elle être éradiquée un jour ?

  Dr CMM :  Je vous réponds par oui.  Il faut toujours avoir de l’espoir. Le sida peut être éradiqué un jour. C’est pour cela que nous organisons ces activités pour voir comment les scientifiques, les communautaires et nous qui sommes institutions pouvons aller ensemble pour éradiquer cette maladie. C’est vrai, cela va nécessiter des efforts financiers et humains. Nous pensons qu’un jour nous pourrons éliminer cette menace de santé.

 DN : Quelles stratégies comptez-vous mettre en place en dehors de la sensibilisation pour atteindre vos ambitions ?

 Dr CMM :  les stratégies, c’est la prévention d’abord. Dans la prévention, nous avons la sensibilisation de la population. C’est vrai qu’en ce moment, cette sensibilisation ne se fait pratiquement pas comme il se doit. Nous voudrions que cela soit perpétuelle.

C’est aussi un appel à la communauté qu’elle ne baisse pas les bras. Que là où vous êtes, en tant que communauté, que ce soit les journalistes, les influenceurs et les familles, qu’ils en parlent à leur niveau afin de véhiculer l’information de sensibilisation.

Nous avons aussi le dépistage.  Car, nous avons beaucoup de séro-ignorants, c’est-à-dire la personne qui ne connait pas son statut sérologique.  Cette personne est très dangereuse parce qu’elle risque d’aller contaminer, sans le savoir, d’autres personnes.

 Nous utilisons le dépistage afin que , tous, nous connaissons notre statut sérologique. J’invite donc toute la population à aller massivement se faire dépister, parce que se faire dépister, c’est sauver sa vie et celle de l’autre.  C’est aussi un geste d’amour pour protéger l’autre en cas de séropositivité. Ainsi, nous encourageons nos compatriotes à se faire dépister, même si nous sommes séropositifs, ce n’est pas une fatalité.  Il y a des traitements disponibles grâce aux avancées scientifiques.

Nous avons maintenant des médicaments qui sont très performants. Ces produits permettent à la personne séropositive de mener une vie normale. Il suffit qu’elle suive bien son traitement. La personne ne transmet plus le VIH. Ce sont les avancées que nous sommes en train de connaître.

Hier, on s’interrogeait si je suis séropositif, que vais-je faire, que vais-je devenir.  La mort était présente dans l’esprit. L’inquiétude demeurait omniprésente. On n’est plus à ce stade-là.

Je porte le virus, c’est vrai ; mais je suis une personne qui peut vivre longtemps que même une personne qui souffre du diabète et de l’hypertension.

DN :  vous avez parlé des produits PEP, que signifie la PEP ?

 Dr CMM :  la PEP, c’est la prévention pré- exposition, c’est- à -dire une personne qui n’est pas séropositive, maïs qui a des pratiques un peu à risques comme les hommes qui ont des rapports sexuels entre eux, les professionnels de sexe, les usagers de la drogue mais aussi la population en général.

 Cette personne séronégative qui veut aller en rapport sexuel avec une personne qui peut être séropositive peut bénéficier de cette PEP pour ne pas être contaminer.

Cette PEP a vraiment des évolutions significatives. On a des PEP orales, ce sont des comprimés. Un comprimé peut être continu ou discontinu. Il y a aussi des PEP injectables.  Vous prenez une injection deux fois par année et vous êtes protégé en attendant qu’on est le vaccin.

 DN : Ces produits PEP sont-ils payants ?

 Dr CMM :  non, pour la PEP orale, ce n’est pas payant puisque le produit est disponible au Congo. Mais, nous ne disposons pas de la PEP injectable, et nous sommes en train de faire le plaidoyer avec nos partenaires techniques et financiers, avec le gouvernement afin d’acquérir cette PEP injectable.

Par Orland Alain.