Dans ses descentes au niveau des structures sous tutelle, la ministre de la Sécurité sociale, de la Prévoyance sociale et de la Solidarité nationale, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka- Babackas, a visité, le 28 mai 2026, la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF). Au sein de cet établissement public, la ministre a affiché sa volonté de s’attaquer aux dossiers sensibles qui fragilisent le système de retraite des agents de l’État.
Dans les locaux de la CRF, Ingrid Ebouka- Babackas a été accueillie par le directeur général de cette institution, Français Nguimbi. A cet effet, la ministre a échangé avec les responsables et les agents de cette structure publique chargée de la gestion des pensions des fonctionnaires, militaires et assimilés.
Dans son intervention, le directeur général a retracé l’évolution historique de la structure, créée en 1951 avant de devenir officiellement la Caisse de retraite des fonctionnaires en 1987. Il a également présenté l’organisation administrative de la CRF qui comprend cinq directions centrales, onze directions départementales opérationnelles et dix agences réparties sur le territoire national.

La ministre de la sécurité sociale saluant un responsable de la CRF dans son bureau devant le directeur général François Nguimbi à gauche..
« La CRF compte actuellement 493 agents, dont des fonctionnaires, des décisionnaires et des contractuels recrutés au fil des années », a indiqué Français Nguimbi.
Le responsable de la CRF a aussi rappelé les principaux défis qui entravent l’évolution de cette structure. Français Nguimbi a insisté sur l’importance d’accélérer le traitement des dossiers de pension, d’assurer le paiement régulier des retraités et de liquider les arriérés accumulés au cours des dernières années.
D’après le directeur général, quatre mois de pensions de l’année 2026 restent encore impayés, notamment les échéances de février à mai. Cette situation affecte directement des milliers de retraités et leurs familles.
« Quand on a cotisé, il est impératif qu’on perçoive sa pension », a-t-il rappelé, citant une déclaration du Président de la République prononcée devant le Parlement réuni en congrès en 2017.
Français Nguimbi a également dénoncé les lenteurs administratives qui ont longtemps pénalisé les retraités. Le traitement de certains dossiers pouvait prendre plusieurs années avant d’être traités. Il a assuré que la célérité dans le traitement des dossiers constitue désormais une priorité pour son administration.

Les agents et cadres de la CRF accompagnés des membres de la délégation du ministre.
Le directeur général de la CRF a également évoqué d’autres préoccupations comme la régularisation de la situation administrative de plusieurs agents, l’achèvement des travaux de réhabilitation du siège de la CRF ainsi que la revalorisation de la valeur du point d’indice des pensions.
Devant ce constat, la ministre Ingrid Olga Ghislaine Ebouka Babackas a reconnu l’ampleur des défis liés à la gestion des retraites publiques. Elle a déclaré que derrière chaque pensionné se trouvent des familles entières dépendantes du paiement régulier des pensions.
« Il y a des familles en souffrance lorsque les pensions ne sont pas payées. Il y a des familles en joie, lorsque le grand-père ou le père a touché sa pension. Donc, c’est une lourde responsabilité qui est la mienne aujourd’hui », a-t-elle renchéri.
Ainsi, la ministre a promis de travailler en étroite collaboration avec la direction générale et les agents afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations exprimées. Elle a salué le travail déjà accompli par ses prédécesseurs, notamment feu le ministre d’État Firmin Ayessa.
Le ministre en charge de la sécurité sociale a enfin exprimé sa volonté de poursuivre les réformes engagées pour améliorer fortement le fonctionnement de la CRF. A ce sujet, elle a appelé les agents de la CRF à l’accompagner dans cette mission qu’elle qualifie de lourde mais essentielle pour la stabilité sociale du pays.
« Nous allons former une équipe au service de l’intérêt général », a-t-elle conclu.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la tournée de prise de contact initiée par la ministre afin de mieux comprendre les réalités des structures placées sous sa tutelle et accélérer les réformes du système de protection sociale au Congo.
Par Orland Alain M’BADINGA.