Le ministre de la Santé et de la Population, le Pr Jean Rosaire Ibara, a lancé officiellement, ce mercredi 9 septembre à Brazzaville, les travaux de l’atelier de formation des journalistes consacré à la création de l’Alliance francophone des médias et journalistes contre le paludisme en Afrique (AFRIMPA). L’initiative vise à renforcer le rôle des médias dans la prévention de la maladie et la lutte contre la désinformation sanitaire.
La cérémonie s’est déroulée en présence de la directrice exécutive d’Impact Santé Afrique (ISA), Olivia Ngou, des professionnels de santé, de partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants des médias.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la santé a insisté sur la place stratégique des médias dans la lutte contre cette maladie qui demeure l’un des principaux défis sanitaires du continent africain.
« La lutte contre le paludisme ne se gagne pas uniquement dans les formations sanitaires, les laboratoires et les programmes de santé. Elle se gagne également dans l’espace public, dans les familles, dans les communautés et dans les médias », a déclaré le ministre.

Les professionnels des médias, de santé et les partenaires techniques et financiers présents à la cérémonie de lancement de l’AFRIMPA.
Pour le ministre, l’information sanitaire constitue désormais un levier essentiel de prévention. Car, les journalistes disposent d’une capacité importante pour expliquer les gestes de prévention, encourager le recours précoce aux soins, promouvoir l’utilisation correcte des moustiquaires imprégnées et accompagner les campagnes de santé.
Cette mission s’étend également aux plateformes numériques et aux réseaux sociaux, qui sont devenus des espaces importants de diffusion de l’information.
« Un journaliste bien informé est un partenaire de santé publique », a –t-il martelé.
A cet effet, le ministre a appelé les professionnels des médias à renforcer leur contribution aux efforts de lutte contre le paludisme. Malgré les efforts consentis pour combattre ce fléau, l’Afrique reste le continent le plus touchée.
Elle concentre, selon le Rapport mondial sur le paludisme 2025 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 94 % des cas et 95 % des décès mondiaux. Les enfants de moins de cinq ans demeurent les principales victimes, aux côtés des femmes enceintes.
Cette situation est aggravée par plusieurs facteurs, à savoir les contraintes de financement, les crises humanitaires, les effets du changement climatique ainsi que la résistance croissante des parasites aux médicaments et des moustiques aux insecticides.
De même, le ministre a invité les journalistes à combattre la désinformation. D’après le Pr Jean Rosaire Ibara, la bataille contre le paludisme passe aussi par la lutte contre les fausses informations.
Une rumeur qui concerne un médicament, une information non vérifiée sur un vaccin ou une mauvaise interprétation des données épidémiologiques peuvent, selon le ministre, détourner les populations des interventions de santé publique.
Dans ce contexte, le ministre de la santé a appelé à promouvoir un journalisme sanitaire qui repose sur la rigueur, la vérification des sources et la pédagogie.
Toutefois, une alliance entre médias et acteurs de santé a été scellée au cours de cette cérémonie. Les promoteurs de l’initiative souhaitent d’ores-et-déjà créer une dynamique durable entre les journalistes, les scientifiques, les professionnels de santé et les autorités publiques ainsi que les partenaires techniques.
Leur ambition est de mieux outiller les médias francophones afin qu’ils puissent produire une information fiable, accessible et utile aux populations sur le paludisme.
Le lancement de l’Alliance AFRIMPA à Brazzaville vient ainsi renforcer la mobilisation des médias africains devant une maladie qui continue de peser lourdement sur la santé et le développement du continent.
Par Orland Alain M’BADINGA.