Le gouvernement congolais  a lancé un spectaculaire remaniement au sein de la Direction générale de l’Immigration. Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean Olessengo Ondaye, a procédé à une série de limogeages de plusieurs hauts responsables de ce service stratégique de l’État.

Le directeur de l’Immigration, le colonel-major Louis Marie Tondo,  a été relevé de ses fonctions. Pour assurer la continuité des activités, l’intérim a été confié au colonel-major Jean Claude Gakosso, désormais chargé de conduire cette administration dans un contexte particulièrement sensible.

Dans le même mouvement, plusieurs officiers supérieurs ont également été écartés de leurs postes, notamment le commandant Phaï, le commandant Moundia, le colonel Midio ainsi que le commandant Ondele.

Cette vaste réorganisation intervient dans un contexte marqué par de nombreuses dénonciations qui visent les services de l’Immigration. Depuis plusieurs mois, des accusations récurrentes évoquent des pratiques de corruption, des réseaux parallèles et des dysfonctionnements dans la délivrance des passeports et autres documents administratifs.

 Les lenteurs administratives, les traitements accélérés contre paiement informel, ainsi que des soupçons de favoritisme dans certaines procédures sont parmi les griefs cités. Ces accusations ont progressivement fragilisé l’image d’un service considéré comme essentiel à la sécurité et à la souveraineté de l’État.

À travers cette opération, le nouveau ministre de l’intérieur affiche dorénavant  une volonté de reprise en main et de restauration de l’autorité au sein de l’administration publique.

Dans les milieux politiques et administratifs de Brazzaville, ce vaste mouvement est perçu comme un signal fort adressé aux agents de l’État, au moment  où les questions de gouvernance et de transparence occupent une place grandissante dans le débat public.

Reste désormais à savoir si cette série de limogeages ouvrira la voie à de profondes réformes structurelles au sein des services de l’Immigration ou s’il s’agit d’une mesure ponctuelle destinée à répondre à la pression de l’opinion publique.

Par Den Elga.