Pendant des siècles, l’ail a traîné sa réputation d’arme naturelle contre les insectes, les vampires et même les forces du mal. Mais une nouvelle étude scientifique vient de faire voler en éclats  cette croyance. D’après cette  étude menée par des chercheurs de l’université Yale,  ce n’est pas l’odeur de l’ail qui fait fuir ou repousser les insectes, mais son goût.

Cette découverte surprenante est le fruit des recherches menées par l’équipe du professeur John Carlson de l’université Yale. Les travaux de cette étude ont révélé  un mécanisme biologique jusqu’ici méconnu qui pourrait révolutionner la lutte contre certains insectes vecteurs de maladies.

À l’origine, les chercheurs tentaient d’identifier les composés chimiques présents dans les fruits et légumes capables d’attirer ou de repousser les insectes. Mais, à leur grande surprise, un aliment s’est nettement distingué du lot. Il s’agit de  l’ail. Les expériences réalisées sur des mouches drosophiles ont montré que la simple présence de purée d’ail écrasée réduisait fortement  l’accouplement et la reproduction.

Pour percer ce mystère, les scientifiques ont soumis les insectes à deux scénarios. Dans le premier, ils pouvaient uniquement sentir l’ail. Dans le second, ils avaient la possibilité de le goûter. Le verdict a été spectaculaire. L’odeur seule n’avait pratiquement aucun effet.  En revanche, dès que les insectes entraient en contact avec l’ail, ils manifestaient un rejet immédiat. Ils abandonnaient même toute activité reproductive.

Les chercheurs ont alors identifié le principal responsable de cet effet, le disulfure de dialyle, un composé naturel présent  dans l’ail. Cette substance agit directement sur les récepteurs gustatifs de plusieurs espèces d’insectes, notamment les drosophiles, les mouches tsé-tsé et certains moustiques vecteurs  de la transmission de maladies telles que la dengue, la fièvre jaune ou le virus Zika.

Plus étonnant encore, le composé ne se contente pas de provoquer un simple dégoût. Il modifie également certains mécanismes génétiques liés à la satiété et à la reproduction. Chez les femelles, il réduit fortement les comportements qui favorisent l’accouplement et la ponte.

Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de répulsifs naturels, écologiques et peu coûteux. Dans un environnement  où les maladies transmises par les insectes continuent de menacer des millions de personnes à travers le monde, l’ail pourrait devenir un allié précieux dans la lutte contre certains insectes nuisibles et vecteurs de maladies.

Plus d’un siècle après que Bram Stoker a immortalisé l’ail comme une arme contre  les vampires dans son célèbre roman Dracula, la science vient de confirmer finalement que cette plante possède bel et bien un pouvoir répulsif redoutable. Les travaux de cette étude ont été  publiés dans la revue scientifique Cell.

Par Den Elga.