Une lettre ouverte particulièrement virulente publiée (le 1er juin 2026) récemment  par l’Association Paix et Conscience secoue les milieux religieux et intellectuels congolais. Le document avance une thèse sur la crise qui oppose actuellement des responsables ecclésiastiques dans le diocèse de N’kayi. Cette situation ne serait pas seulement une querelle religieuse, mais l’aboutissement d’une longue histoire de rivalités identitaires, politiques et communautaires, profondément enracinées.

 Le document ne ménage personne. Il décrit le diocèse de N’kayi comme le théâtre d’un affrontement ancien.  Selon l’auteur, les conflits observés au sein de l’Église catholique dans cette partie du pays seraient le prolongement d’oppositions historiques entre communautés de la région.

L’une des critiques essentielles formulées dans la lettre concerne la place des appartenances identitaires dans la gouvernance ecclésiale. L’auteur soutient que plusieurs nominations épiscopales seraient interprétées à travers le prisme des équilibres communautaires plutôt que sous l’angle exclusif de la mission pastorale.

La nomination de plusieurs évêques successifs est ainsi présentée comme un aspect qui a alimenté des frustrations, des résistances et des suspicions réciproques. Aux yeux de l’auteur, l’Église locale a progressivement cessé d’être un espace de dépassement des clivages pour devenir le reflet des tensions présentes dans la société congolaise.

La lettre établit également un parallèle entre les crises religieuses et les affrontements politiques qui ont marqué le Congo depuis les années 1990. Selon son auteur, certaines logiques de domination et de contrôle observées dans la sphère politique auraient trouvé un prolongement dans les structures religieuses.

De même, le texte se montre particulièrement sévère envers l’ancienne direction du diocèse. L’auteur évoque une gouvernance marquée par des erreurs stratégiques, des tensions internes et des difficultés financières qui  fragilisent l’institution.

Certaines accusations concernent particulièrement le traitement réservé à des membres du clergé dans des dossiers sensibles. L’auteur estime que certaines décisions prises par les responsables diocésains ont contribué à accentuer les divisions plutôt qu’à favoriser le dialogue et la cohésion.

La lettre conclut en s’interrogeant sur l’avenir du diocèse sous sa nouvelle direction. L’auteur estime que le principal défi ne sera pas seulement administratif ou pastoral, mais de restaurer la confiance entre les différentes sensibilités présentes au sein de l’Église locale.

Ainsi, cette lettre met en lumière une interrogation fondamentale,  comment construire une Église capable de rassembler lorsque les identités communautaires continuent d’influencer les perceptions, les alliances et les rapports de pouvoir ?

Le débat dépasse désormais le seul cadre religieux. Il pose la question de l’influence des appartenances communautaires dans les institutions congolaises. Ainsi, le document remet au centre des discussions l’importance de renforcer le dialogue, la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans un pays où les blessures de l’histoire continuent parfois de peser sur le présent.

Par Den Elga.