Cette déclaration suscite autant d’espoir que de prudence. Représentant de la structure Tradition Activity, Rodrho affirme avoir développé un traitement traditionnel capable de guérir le VIH/sida en deux mois. Dans un entretien accordé à Datsoue News, il détaille sa méthode tout en reconnaissant qu’elle n’a fait l’objet, à ce jour, d’aucun essai clinique ni d’aucune validation par les autorités sanitaires.
Selon Rodrho, le traitement repose sur une préparation traditionnelle composée principalement d’écorces, administrée trois fois par jour (matin, midi et soir) pendant deux mois, en association avec du citron. Les composants exacts de cette préparation demeurent confidentiels.
« Je pense qu’il est temps d’aller vers une grande masse pour que demain on puisse confirmer que mon traitement peut totalement guérir les gens », affirme-t-il.
Sur les fondements scientifiques de son traitement, Rodrho reconnaît qu’aucune étude clinique, publication scientifique ou expertise indépendante n’a encore été réalisée.
« Pour le moment, le traitement doit encore être analysé sur le plan scientifique. Nous sommes encore au stade traditionnel », explique-t-il.
Le responsable de Tradition Activity s’est également fixé comme objectif de traiter une cinquantaine de patients avant de soumettre sa méthode à une expertise scientifique.
Toutefois, Rodrho affirme avoir traité avec succès sept personnes depuis le début de ses expérimentations. Selon lui, la guérison serait confirmée après trois séries de tests espacées de trois mois, lorsque les résultats deviennent négatifs.
Pour les patients sous antirétroviral, ils sont invités à poursuivre leur traitement. Contrairement à certaines pratiques observées dans le domaine des traitements alternatifs, Rodrho affirme ne jamais demander aux personnes vivant avec le VIH d’abandonner leur traitement antirétroviral (ARV).
« Lorsque je donne mon traitement, je n’interdis pas aux patients sous antirétroviral d’arrêter leur traitement », précise-t-il.
Il a en outre indiqué que les principales contre-indications de sa méthode concernent la consommation d’alcool et d’aliments amers durant le traitement.
Par ailleurs, Rodrho est conscient des interrogations soulevées par ses déclarations. Il se dit disposé à soumettre son traitement à une évaluation scientifique indépendante. « Je suis prêt à le faire pour l’intérêt général du monde. J’ai besoin que les gens soient guéris », a-t-il déclaré.
À ce jour, les autorités sanitaires nationales et les organisations internationales de santé indiquent qu’il n’existe pas de traitement reconnu permettant de guérir définitivement le VIH. Les traitements antirétroviraux actuellement disponibles permettent de contrôler efficacement le virus, d’améliorer l’espérance de vie des patients et de réduire considérablement le risque de transmission, sans toutefois constituer un remède validé.
Par Orland Alain M’BADINGA.