Après plus de deux décennies de divisions, les deux principales franges de l’Église kimbanguiste de Brazzaville ont officiellement signé, le 31 juillet 2026, un protocole de réconciliation sous la médiation du procureur de la République, André Oko Ngakala. Cet accord met un terme à une longue crise interne et ouvre la voie à une réunification de la communauté religieuse.
Une nouvelle page s’ouvre pour l’Église kimbanguiste de Brazzaville. Les responsables des deux franges en conflit ont signé un protocole de réconciliation destiné à restaurer l’unité de cette communauté religieuse, profondément divisée depuis 2002. L’acte a été accompli en présence du procureur de la République, André Oko Ngakala.
Cette initiative intervient après plusieurs années de tensions internes, marquées par un litige pour présumée usurpation d’identité. Le 27 mai 2026, le révérend Brice Voltaire Obami Etou, représentant de l’Église kimbanguiste au Congo, avait saisi le parquet de Brazzaville. Cette saisine avait donné lieu à l’ouverture d’une enquête par les services de police.
À l’issue des échanges entre les différentes parties, le procureur de la République a annoncé la conclusion d’un accord de réconciliation conforme aux principes fondateurs du kimbanguisme. Il a également confirmé le classement sans suite de la procédure judiciaire engagée. Le procureur a estimé que le règlement consensuel du différend permettait de préserver l’ordre public et de rétablir l’harmonie au sein de l’Église.
« Les deux franges en conflit ont manifesté l’intérêt de se réconcilier en sollicitant mon implication. Au terme de cette séance d’échange, toutes les parties ont exprimé la nécessité de promouvoir l’unité et la cohésion de tous les fidèles de l’Église kimbanguiste de Brazzaville », a déclaré André Oko Ngakala.
Toutefois, les représentants des deux tendances ont salué la médiation du procureur et exprimé leur volonté commune de tourner définitivement la page des divisions.
A cet effet, le révérend Brice Voltaire Obami Etou a remercié les différentes parties pour leur engagement en faveur de la paix.
« Nous remercions le procureur de la République pour la sagesse dont il a fait preuve tout au long de cette médiation. Nous remercions également la frange Bana 26 d’avoir reconnu que Kamba est le siège de notre Église, la Nouvelle Jérusalem. Nous n’avons qu’une seule Église », a-t-il souligné.
De son côté, le révérend Antoine Kassambé a réaffirmé la position de son groupe. « Nous l’avons toujours déclaré haut et fort : Kamba est notre siège », a –t-il indiqué.
Les responsables religieux ont également appelé au retour de tous les fidèles qui s’étaient éloignés de l’Église durant les années de crise, afin de reconstruire une communauté unie autour de l’héritage spirituel de Papa Simon Kimbangu.
La signature de ce protocole de réconciliation marque un tournant important pour l’Église kimbanguiste à Brazzaville. Les deux camps, en mettant fin aux procédures judiciaires et aux dissensions internes, affichent désormais leur volonté de privilégier le dialogue, la fraternité et la cohésion.
Par Orland Alain M’BADINGA.