Les sénateurs ont adopté, le 28 août 2026, deux projets de loi relatifs à des contrats pétroliers, avant la clôture de la quatrième session extraordinaire par le président du Sénat, Pierre Ngolo.

Les membres de la chambre haute du Parlement ont, au cours de la plénière, examiné et adopté deux textes liés au secteur des hydrocarbures. Le premier concerne l’approbation de l’avenant n°3 au contrat de partage de production Kayo, relatif aux permis d’exploitation Holmoni et Cayo. Le second texte porte sur l’approbation du contrat de partage de production Banga Kayo II.

Ces deux accords associent la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) qui dispose 15 % des intérêts participatifs et la société Wing Wah Exploration & Production S.A.U., qui en détient 85 %.

Dans le cadre du permis d’exploration Holmoni, il a été prorogé de 3 ans et son  échéance est désormais fixée au 4 décembre 2045. L’avenant et le contrat de partage introduisent de nouveaux paramètres économiques et fiscaux.

La mise en œuvre du plan de développement associé à ces permis devrait contribuer à accroître la production nationale d’hydrocarbures au cours des prochaines années. En contrepartie de la prorogation du permis, Wing Wah Exploration & Production S.A.U. devra également verser à l’État congolais un bonus.

Au cours des débats, plusieurs préoccupations ont été soulevées par les sénateurs. Elles ont porté sur le bonus qui devrait être consacré aux projets sociaux, les mécanismes d’évaluation et de récupération des coûts dans les contrats pétroliers ainsi que la mise en place d’une autorité de régulation du secteur.

Devant les sénateurs, le ministre des Hydrocarbures, Stev Simplice Onanga, a reconnu la nécessité d’améliorer l’encadrement du bonus versé par les opérateurs.

Car, le Congo ne dispose pas encore d’une règle suffisamment précise qui permet de déterminer de manière transparente le montant du bonus. Le gouvernement entend ainsi mettre en place un mécanisme qui envisage de prendre  en compte les réserves disponibles et les investissements réalisés par les opérateurs.

« Nous voudrions mettre en place une règle pour pouvoir définir finalement ce bonus et que cela soit clair pour tout le monde », a expliqué le ministre.

Au sujet de la récupération et l’évaluation des coûts pétroliers, le ministre a indiqué que le mécanisme de contrôle relève actuellement du ministère des Hydrocarbures.

Stev Simplice Onanga a toutefois souligné la nécessité pour l’État de renforcer ses capacités d’expertise pour mieux apprécier les coûts déclarés par les opérateurs et de disposer d’une meilleure maîtrise des mécanismes économiques du secteur.

De son côté, le président du Sénat  a salué, à la clôture des travaux, la disponibilité et la diligence des sénateurs. Il a également insisté sur l’importance stratégique du pétrole pour l’économie congolaise.

Pour Pierre Ngolo, l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’exploitation des ressources naturelles, mais dans la capacité de l’État à mieux les gérer.

« La richesse d’une nation ne réside pas seulement dans l’abondance de ses ressources naturelles, mais surtout dans la capacité de l’État à les gouverner, à les valoriser et à les convertir en progrès collectif », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, Pierre Ngolo a  évoqué des incidents signalés à  Makotipoko, dans le département de la Nkeni-Alima, qui ont impliqué des éléments des forces de sécurité des deux Congo. Ces incidents ont occasionné des morts d’hommes,  des prises d’otages et des disparitions.

Le président du Sénat a apprécié la réaction des autorités des deux pays et leur recours à la voie diplomatique. Il les a encouragées à privilégier la sagesse et le dialogue afin de préserver la sécurité des deux peuples et les liens qui les unissent.

Au terme de son intervention, Pierre Ngolo a  appelé les sénateurs à rester disponibles en cas de nouvelles nécessités dictées par les circonstances de la République.

Par  Flore de Jésus SOMBOKO.