Cinq responsables de l’opposition congolaise, réunis au sein du Cadre de concertation des partis politiques et individualités, ont appelé à la convocation d’un dialogue national inclusif. Ce dialogue permettra de trouver une issue à la crise multidimensionnelle qui secoue le Congo depuis plus d’une décennie.
Cette déclaration a été rendue publique, le 4 août Brazzaville, au cours d’un point de presse animé par Clément Miérassa, Victor Oniongo, Armand Mpourou et Rodrigue Mayanda. Le document, signé également par Christian Mboumba, a été lue par Rodrigue Mayanda.
Dans leur déclaration, les signataires dressent un constat critique de la situation économique, sociale et politique du pays. Ils estiment que les indicateurs présentés par les autorités ne reflètent pas la réalité vécue par les Congolais.
S’ils reconnaissent la baisse du ratio de la dette publique rapportée au Produit intérieur brut (PIB), ils soulignent toutefois que son montant global est passé de 6 596 milliards de francs CFA en 2020 à 8 943 milliards en 2025, soit une progression de 2 347 milliards de francs CFA, représentant une hausse de 35,6 %.
Pour les opposants, il est « faux de dire que les indicateurs économiques du Congo sont relativement favorables » au début du nouveau mandat présidentiel. Selon eux, le pays est confronté à une crise profonde marquée par la pauvreté, la précarité et les difficultés économiques.
D’après les opposants, ces chiffres traduisent une dégradation de la situation économique. Ils sont en contradiction avec les indicateurs avancés par les autorités. Les cinq leaders de l’opposition insistent dans leur déclaration que le Congo reste toujours confronté à une crise profonde, marquée par la pauvreté, la précarité et la baisse du niveau de vie des populations.
A cet effet, les responsables de l’opposition ont également dénoncé l’inefficacité de la lutte contre la corruption, la fraude, les détournements de fonds publics et la concussion. Pour les signataires, ces pratiques constituent des freins au développement du Congo.
Par ailleurs, les cinq leaders ont salué la décision du président de la République de supprimer les visas d’entrée pour les ressortissants africains. Ils considèrent cette mesure comme une initiative favorable à l’intégration continentale, mais qu’elle devra s’accompagner de plusieurs réformes pour produire les effets attendus.
Les cinq responsables politiques affirment que le Congo traverse une crise persistante que les autorités ne réussissent pas à résorber malgré les ressources dont dispose le pays.
Ils appellent ainsi à un apaisement du climat politique à travers la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés politiques et la convocation d’un dialogue national inclusif. Selon ces opposants, cette démarche constitue une étape indispensable pour favoriser une sortie de crise durable, renforcer la cohésion nationale et restaurer la confiance entre les acteurs politiques.
Par VICTOR TATI.