Les cadres et les agents du ministère de la Réforme de l’État et des Relations avec le Parlement ont été sensibilisés sur le rôle et les missions relevant de leur département ministériel. Au terme de deux jours de formation, le conseiller à l’évaluation des réformes, Roger Angouono-Moke, revient, dans un entretien avec Datsoue News, sur les principaux enseignements du séminaire, les défis de l’administration publique et les chantiers prioritaires des cinq prochaines années.
Datsoue News (DN) : Vous avez animé cette formation de deux jours. Quel en était le thème central et quels objectifs poursuiviez-vous ?
Roger Angouono-Moke (RAM): Le thème était très simple : « Du bilan à l’action ». L’objectif consistait à faire, avec l’ensemble du personnel du ministère, une revue des réalisations du précédent quinquennat afin d’identifier nos forces, nos faiblesses et les actions à entreprendre pour accélérer la marche vers le développement.
DN: Quel principal défi avez-vous identifié au cours de cette évaluation ?
RAM: La principale faiblesse concerne l’appropriation des réformes. Nous avons constaté que le niveau de connaissance et d’appropriation des réalisations du précédent quinquennat demeurait insuffisant. C’est pourquoi nous avons jugé indispensable de permettre aux agents de mieux maîtriser les principaux instruments nationaux, notamment le projet de société du Chef de l’État, le Programme d’action du gouvernement et le Plan stratégique de la réforme de l’État. Ces instruments constituent le cadre de référence pour la modernisation de l’administration publique.
DN : Comment le ministère entend-il traduire cette démarche en résultats concrets au cours des cinq prochaines années ?
RAM : Durant le séminaire, nous avons identifié les grands chantiers que le ministère devra conduire afin de contribuer efficacement à la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement et du projet de société du Chef de l’État. Ces priorités guideront notre action durant les cinq prochaines années.
DN: Quelles autres thématiques ont été développées pendant cette formation ?
RAM : Nous avons abordé plusieurs sujets essentiels tels que , la conduite du changement, la culture de la performance et les relations avec le Parlement. Depuis la réorganisation du ministère, cette dernière mission fait désormais partie de nos attributions. Il était donc important d’expliquer au personnel le rôle du ministère dans ses rapports avec le Parlement et les exigences qui en découlent.
DN: D’aucuns estiment que les valeurs d’intégrité constituent encore un défi dans l’administration congolaise. Quel est votre regard sur cette perception ?
RAM : Je ne partage pas cette généralisation. Les Congolais travaillent dans un environnement exigeant et concurrentiel. Beaucoup d’entre eux s’investissent pleinement pour contribuer au développement du pays. Il est important de reconnaître ces efforts tout en poursuivant les actions qui visent à renforcer la gouvernance et la performance de l’administration.
DN: De nombreux séminaires et ateliers sont organisés chaque année, mais leurs résultats sont parfois jugés insuffisants. Comment convaincre que ces formations produisent un réel impact ?
RAM : Une formation produit toujours des effets, à condition qu’ils soient évalués. L’administration congolaise d’aujourd’hui n’est plus celle qu’il y a dix ans. Des progrès ont été accomplis grâce au renforcement des capacités. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais les changements sont réels et doivent être appréciés à travers des indicateurs objectifs.
DN: Vous appelez à passer « du bilan à l’action ». Quelles seront les premières mesures concrètes ?
RAM : L’un des premiers projets concerne l’élaboration d’un Livre des normes des écrits administratifs. Nous avons constaté que les actes administratifs sont rédigés selon des pratiques très diverses. L’objectif est donc d’établir un référentiel unique afin d’harmoniser la rédaction des documents administratifs et d’améliorer leur qualité.
Nous travaillerons également sur une Politique nationale d’évaluation. Une réforme n’a de valeur que si ses résultats peuvent être mesurés. Il est essentiel de s’interroger régulièrement sur ce qui a fonctionné, ce qui doit être corrigé et l’impact réel des politiques publiques sur le développement du pays. Cette politique permettra d’instaurer une véritable culture de l’évaluation au sein de l’administration.
DN: Quel message adressez-vous aux agents du ministère à l’issue de cette formation ?
RAM : J’invite chacun à s’approprier les réformes engagées et à faire de la culture de la performance un principe de travail quotidien. La modernisation de l’administration est une responsabilité collective. C’est par l’engagement de tous que nous réussirons à transformer les ambitions en résultats concrets au service des citoyens.
Propos recueillis par Orland Alain M’BADINGA.